Ce que je veux
« Bienvenue dans l’ère du verseau » est une comédie économique, écrite en réaction à une uniformisation plus que lassante de la pensée qui m’a donné envie de jouer un peu avec les lieux communs.
Lorsque j’ai commencé à entendre parler de lutte contre l’exclusion, j’ai imaginé un héros qui prendrait le problème à bras le corps et éliminerait la pauvreté en éliminant les pauvres. L’idée m’a longtemps trotté en tête, mais le film que j’imaginais, si je le trouvais drôle, ne me satisfaisait pas suffisamment pour que j’envisage de le réaliser. Je le trouvais trop brutal, trop sec, trop élitiste (de trop nombreux lecteurs ont douté du caractère comique du script...). Il fallait développer l’idée en s’orientant soit vers une série, soit vers un court... plus long !
Je me suis beaucoup attaché à respecter dans la rédaction du scénario ce que je considère être la meilleure ligne de conduite possible : rester toujours sincère et objectif. Sincère dans le sens où le script n’a pas pour vocation de flatter l’ego de son auteur mais d’offrir du plaisir au spectateur ; objectif car les évènements qui s’y déroulent doivent toujours être justifiés. Ceci ne signifie pas qu’ils doivent être forcément réalistes ; il faut seulement qu’ils soient vraisemblables dans le contexte. Je m’attache à ces préceptes pour une raison simple : tous les films que j’aime les respectent, et tous les films qui m’ennuient -pour rester convenable- les bafouent plus ou moins.
Par ailleurs, si elle ne doit pas paralyser le délire, une approche « technique » de l’écriture est indispensable. Sans travail sur sa structure, l’introduction d’éléments, voire de « recettes », destinés à relancer l’attention du spectateur, créer du suspens, faire rire, un scénario n’est qu’un synopsis un peu long et bien vite ennuyeux.
Sur ces bases, j’ai construit le scénario de façon à favoriser l’identification avec le personnage principal jusqu’au moment où ce « gentil » accomplit la plus odieuse des actions. Lorsque la victime devient bourreau, nous l’accompagnons dans son geste, persuadés que nous sommes qu’il va sauver l’innocence. Son choix nous renvoie alors au nôtre, tout en nous permettant de réaliser que tuer un bon ou gentil, c’est avant tout tuer et que cela n’a rien d’anodin.
L’utilisation de personnages et de situations très typés contribue à cette identification en facilitant l’entrée du spectateur dans le film J’avais de plus très envie de me confronter à des situations dramatiques typiques aux films de genre et les revisiter un peu. La demande d’augmentation devient une quête périlleuse, la scène finale est un bon vieux gun fight de western.
Si la thématique générale porte le film, celui ci doit être également pensé comme une succession de séquences, illustrant elles même d’autres thématiques. Lorsque la femme de Jacques le quitte, je sais que j’écris et réalise une scène de rupture, la fin d’un couple. La scène fait avancer le scénario dans globalité, mais elle a aussi son existence propre.
Ces enchevêtrements entre la thématique générale et les thématiques particulières reflètent mon objectif qui vise à mettre en lumière les ambivalences entre les grands projets qui orientent nos vies et les petits évènements qui la remplissent.
D’un point de vue visuel, je veux tourner ce film dans des décors virtuels pour plusieurs raisons : certains des plans que j’ai en tête nécessitent le recours à la synthèse (la demande d’augmentation entre autre) ; je souhaite donner aux décors un aspect irréel pour renforcer l’isolement des personnages, l’aspect poétique et universel de l’histoire et renforcer ainsi l’opposition entre une forme douce et un fond dur ; la technique me séduit et j’ai envie de travailler dessus ; et surtout, je n’imagine pas le film autrement !!!
Au sein de ce décors, je peux faire évoluer des personnages réels ou en synthèse. Les deux approches me conviennent. J’entends par là que travailler avec des comédiens réels ou en synthèse sont deux exercices que j’aime, même s’ils sont différents. Le choix se fera en fonction des facteurs de production.
Quoiqu’il en soit, le film est muet. Ceci répond autant à des choix de production —l’absence de dialogue facilite le travail en synthèse—, de mise en scène-je souhaite ne travailler que sur l’expression visuelle, ayant beaucoup utilisé le texte dans mon premier film— et de distribution —l’absence de dialogue facilite la diffusion internationale du film.
L’intégralité de mon premier film avait été story-boardée. Je n’envisage pas de travailler autrement. Mon soucis premier est de faire un film, c’est à dire une œuvre sonore et picturale. Les éléments techniques, le découpage, la composition des plans, la lumière doivent être travaillés avec autant de minutie, d’obstination que les différents éléments de l’histoire.
« Bienvenue dans l’ère du Verseau » est ma réponse à ces discours culpabilisants qui prétendent sans cesse que « dans la vie, on a toujours le choix », que l’ « on est maître de son destin », que « quand on veut on peut. »
Mais c’est surtout, et l’objet cette note était de bien le démontrer, un vrai projet cinématographique.
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Mon premier post // 21 juillet 2011, par RONzessistSalut, un forum tres agreable !!!!!! :)
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Mon premier post // 21 juillet 2011, par JMCT’as raison. On est pas dérangé !
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